Fensch, les hauts-fourneaux ne repoussent pas

Le roman d’André Faber nous replonge dans l’histoire toujours douloureuse de la désindustrialisation de l’Est de la France - la vallée de la Fensch.

Auteur : André Faber

Lecture : Hervé Lang

Création lumière / régie : Christophe Constantin

Ouvrage paru aux éditions François Bourin

André Faber vient d’une famille ouvrière. Des durs. Durs à la tâche, durs au mal, durs à cuire surtout. Lorsqu’on travaille dans un atelier où l’été l’acier fait facilement monter le thermomètre à quarante degrés et où l’on se gèle en hiver. Celui qui se voyait écrivain lorsqu’il était jeune ouvrier signe avec Fensch, les hauts-fourneaux ne repoussent pas un joli récit autobiographique. L’annonce de la fermeture des derniers hauts-fourneaux de Florange lui fait revivre son entrée dans le monde des adultes, celui des travailleurs, celui des ouvriers.

Il évoque son enfance à l’ombre des hauts-fourneaux, une vie tout entière dédiée à la sidérurgie. La vie d’André est programmée. Tu seras ouvrier, mon fils.

C’est le drame du père, après son accident, celui des ouvriers forcés de partir en pré-retraite, celui de toute une région qui se demande comment survivre quand les usines ferment parce qu’elles ne sont plus assez rentables pour des actionnaires qui vivent sous d’autres cieux. André a d’autres désirs et c’est cela qui lui permettra, après des années de galère, de s’en sortir, de se sauver à tous les sens du terme - il aime la musique, il aime dessiner. Mais c’est une trahison aux yeux de ses parents. Nul misérabilisme dans ce texte mais un humour tendre et rageur tout à la fois qui témoigne de la souffrance des hommes et de leur aliénation par ce système qui épuise leurs forces et les rejettent quand ils n’ont plus rien à donner.

Gardons la mémoire de ce qui s’est défait !

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