Fensch, Les hauts-fourneaux ne repoussent pas

André Faber

Editions François Bourrin

Durée 1h 20

 

Lecture disponible en tournée

André Faber vient d’une famille ouvrière. Des durs. Durs à la tâche, durs au mal, durs à cuire surtout. Lorsqu’on travaille dans un atelier où l’été l’acier fait facilement monter le thermomètre à quarante degrés et où l’on se gèle en hiver.

Celui qui se voyait écrivain lorsqu’il était jeune ouvrier signe avec «Fensch, les hauts-fourneaux ne repoussent pas » un joli récit autobiographique.

L’annonce de la fermeture des derniers hauts-fourneaux de Florange lui fait revivre son entrée dans le monde des adultes, celui des travailleurs, celui des ouvriers.

A 16 ans, lorsqu’il rentre en formation de mécanique générale, ses parents le destinent alors à une belle carrière dans la sidérurgie. Son père le voyait déjà en blouse blanche parader parmi les ouvriers : «  Vous avez vu, c’est mon fils ! »

L’avenir d’André est tout tracé. «

L’usine est un mode de vie, elle entre dans les têtes, dans les cœurs : «  on a ça dans le sang en Lorraine », « tu iras à l’usine mon fils, tu te marieras avec un sidérurgiste, ma fille » écrit Faber.

Mais les histoires de l’usine « du père » ne font pas rêver le jeune adolescent. Faber préfère sa guitare aux copeaux de ferraille.

« J’aurais évité comme personne tout ce qui est vis, écrou, clé de dix-sept, pointeau, tout ce qui est pointu ou coupant, la mécanique salissant » résume l’auteur de son passage au lycée technique.

Pourtant il va finir par entrer « dans le ventre de la bête».

Dans cette parenthèse ouvrière, sans nostalgie et avec beaucoup d’humour, il nous fait partager son expérience avec la sidérurgie en Moselle « où l’automne s’installe à l’année ».

« Six heures du matin, j’ouvre mon armoire métallique, j’y jette mes fringues, j’enfile mon bleu, ça y est, j’entre dans la vie active. Je la voyais pas comme ça, la vie. C’est donc ça le travail ?»

Il y découvre le rythme des machines et subit les petits chefs qui contrôlent la productivité des ouvriers.

Malgré cette expérience qui lui laisse  un goût de rouille, son récit souligne la tendresse qu’il porte à son père, son attachement et son implication à « son usine qui est tout pour lui, la mère nourricière, la mère patrie. »

Quand il n’en parle pas il dort, quand il dort il en rêve de son usine.

Les mots de Faber, résonnent emprunts d’une belle fierté et rendent hommage avec humour et sans nostalgie aux hommes du fer, ses potes et «son pater.»